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  • Se perdre avec Olafur Eliasson...

    Histoire de me changer les idées et de m’échapper un peu du climat assez anxiogène qui règne dans notre capitale, je suis allé me plonger dans l’univers d’Olafur Eliasson, un artiste danois qui propose à la Fondation Vuitton une « expérience multi sensorielle complexe, remettant en cause les perceptions »….

     

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    Pénétrant en obscurité totale, mais vraiment totale, sans la moindre diode pour me guider, marchant sur un sol que je perçois incliné, je sens que le but du jeu est de me faire perdre mes repères… très air du temps finalement…de part en part, des sortes de bulles s’ouvrant sur l’extérieur pour en donner une vision déformée…

     

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    Un peu pris de malaise, sentant mes pulsations s’accélérer, mes yeux s’habituant peu à peu, je finis par distinguer comme une lueur qui m’attire…

     

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    Je marchai tout le jour, puis la nuit suivante, me guidant sur les constellations. C’est trois jours plus tard, dans les premières heures, que j’aperçus les nuages. Leur surface soyeuse apparaissait comme une simple modulation de l’horizon, un tremblement de lumière, et je crus d’abord à un mirage, mais en m’approchant davantage je distinguai plus nettement les cumulus d’un beau blanc mat, séparés de minces volutes d’une immobilité surnaturelle. (Michel Houellebecq – La possibilité d’une île)

     

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    Je débouchais ensuite dans une immense salle vide, une sorte de boite de nuit sans client, avec un gardien planté là, se reflétant dans les miroirs qui forment les parois…Je me mis à penser à la fortune que coutais ce bazar, aux journées de ce type consigné là pour gagner trois sous, au prix du m2 dans l’un des lieux les plus chers de la capitale, du prix de l’entretien, tout ça pour une sorte de Disneyland à bobo dans mon genre….

     

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    C’est triste le naufrage d’une civilisation, c’est triste de voir sombrer ses plus belles intelligences – on commence par se sentir légèrement mal à l’aise dans sa vie, et on finit par aspirer à l’établissement d’une république islamique. (Michel Houellebecq – La possibilité d’une île)

     

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    C’est court comme parcours, mais ça suffit…le reste est peu intéressant….dans les étages, des installations, dont des chiffonnades d’Annette Messager, la prof des Beaux Arts qui vit avec Boltanski, dont j’ai déjà parlé il y a quelques jours…c’est un petit monde, c’est probablement cela le microcosme….

     Au début, les sauvages découpaient des morceaux de chair qu'ils faisaient rôtir dans les braises. (Michel Houellebecq – La possibilité d’une île)

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    Nous vaincrons parce que nous sommes les plus morts  (Philippe Muray)

     

    L’art est une catégorie rentable de l’ère des loisirs pour les masses résignées. L’Etat mécène providence poursuit sa tâche de dressage des citoyens en plantant aux carrefours d’inimaginables gadgets que l’on peut considérer comme autant d’étapes méthodiques et méditées dans la guerre que se livre contre le goût à seule fin que celui-ci ne soit plus capable de servir d’instrument de mesure, donc de jugement, pour ce qui se présente comme nouveauté à adorer.

     

    Tel qu’on le fait consommer de force aux masses hébétées, il (l’art) n’est qu’une assurance de plus, un de ses plus petits communs dénominateurs consensuels dont notre détresse a besoin, et plus que jamais.

     

    Philippe Muray La gloire de Rubens

     

     

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