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  • De l'Algérie à l'Afghanistan

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    La bourgogne, je l’ai connue en étant militaire… oh, un simple appelé, un planqué même, un pistonné, devrais-je avouer…j’ai fait mon service comme pion dans une Ecole Militaire en Bourgogne, autant dire que c’était assez cool…enfin, cela m’a surtout permis de côtoyer ce milieu très particulier des enfants de troupe. J’ai fini mon service comme 2ème classe, chose rare…il faut dire que je me suis affiché dans l’Ecole avec le fameux Charlie hebdo « Bal tragique à Colombey »…j’aurai mérité la taule, mais le colon était un brave type, il m’a simplement refusé les honneurs, ce qui ne m’a pas déplu. Enfin, avant d’aller faire le gugusse comme surveillant, les militaires nous avaient fait un sale coup, en nous envoyant faire nos classes dans un fort à côté de Dijon. On ne rigolait pas, on marchait, on marchait, on marchait toujours avec des sergents toujours entre deux vins, qui se glorifiaient d’avoir fait l’Algérie et qui en rajoutaient sûrement pour faire plus mâle.

    Alors, j’ai voulu retrouver le fameux fort près de quarante ans après sur le chemin du retour. Je l’ai retrouvé, non sans mal, car rien ne transpire. L’endroit est peu accueillant, beaucoup de choses ont changé mais les vieux casernements sont toujours là...cette place est sans doute devenue une base d’entrainement commando….j’ai eu le temps d’apercevoir des militaires en treillis, à travers la double rangée de barbelés et le couloir à chien. Visiblement, ces militaires étaient des types appartenant à cette population de banlieue que Zémour dénonce…sauf, que ceux là se sont engagés, sur un coup de tête, pour voir du pays ou pour simplement avoir un boulot…ils sont destinés à crapahuter sur les déserts d’Afghanistan ou d’Afrique, avec la peur au ventre, sans trop savoir pour quelle cause ils sont là, à risquer leur vie ou à risquer de finir impotent, dans une guerre de religion ou à faire du maintien de l’ordre sous une étiquette d’armée de paix quelconque…

    J’ai beaucoup pensé à eux sur le retour et encore aujourd’hui….ça permet de prendre de la hauteur…mes petites histoires de bidasse à côté sont un peu ridicules. il n'y a pas que le bal qui est tragique....