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grece - Page 5

  • La peur des faibles

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    La peur monte en Europe…cette peur, c’est que l’euro ( ou la livre) soit plus fort que la démocratie, plus fort que les Gouvernements, une monnaie faite pour les forts et qui détruit les plus faibles.

     En GB, après la défaite de Miliband face à Cameron, les Travaillistes semblent être les premiers surpris  par Corbyn le Rouge, qui semble le mieux placé pour devenir leur nouveau leader…mais ce vieux gaucho de 66 ans, inquiète la direction du Parti avec ses plans anti austérité et ses discours des années 70, même si de nombreux universitaires croient en ses promesses …

     En Allemagne, Die Linke commence à rassembler sur l’aile gauche des frondeurs du SPD, qui dénoncent cet euro qui ne marche pas et qui rend illégitime les dirigeants élus, comme on l’a vu avec Syriza en Grèce, où clairement, le choix a été, tu fais ce qu’on te dit et vous restez en Europe, sinon vous sortez….

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     En fait c’est la peur qui semble dominer plus que l’idéologie, un peu comme dans une grande entreprise, quand la Direction impose ses vues libérales à des syndicats, en faisant du chantage à une fermeture de site, par exemple. En gros, en Europe, c’est comme dans une multinaltionale, tu as signé, alors si tu veux rester, tu atteins tes objectifs et tu bosses sans états d’âme, sinon, on met fin à ton contrat.

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      C’est une logique que j’ai connu toute ma vie…dire que c’est une oligarchie qui dirige, que c’est un système fasciste ou terroriste, que c’est la finance le grand responsable, tout cela me semble démagogique, peu pertinent et rarement payant… l’Europe n’est pas la Chine ou la Russie, qui ne se portent pas si bien que cela par ailleurs et je me méfie comme personne des partisans d’un capitalisme d’Etat et d’un retour à une socialisme à la papa…

     Je préfère un jeu qui consiste à créer en permanence des contre  pouvoirs, car ce que j’ai appris dans ma carrière, c’est que d’organiser la résistance en restant dans les règles, avec des solutions intelligentes, est toujours plus fort que la lutte dure, la grève,  les manifestations bruyantes qui souvent, donnent des arguments à l’autre bord, qui finit toujours par se retourner contre les plus faibles…comme le dit Varoufakis, qui a rappelé à quel point la France avec ses maigres résultats économiques, baissait la tête en Europe,  de Sapin à Moscovici en passant par Hollande, il ne souhaitait pas rejoindre les rebelles de Syriza et sortir de l’euro comme le veulent les opposants à Tsipras, préférant installer un réseau européen pour créer une alliance sociale forte, en s’appuyant sur la révolution numérique pour mettre en place des systèmes originaux, puissants, comme la chasse à la fuite fiscale de capitaux…

     C’est une nouvelle gauche qu’il faut inventer, une gauche européenne, avec un grand parti européen avec des hommes nouveaux, pas des carriéristes, pas des énarques aux belles paroles romantiques, réunissant des espagnols, des grecs, des français, des anglais, des allemands, des polonais, etc… j’appelle cela de mes vœux depuis longtemps, pour donner du sens à cette union, à qui les peuples ont laissé trop de champ aux plus forts, qui eux, depuis le premier jour, ont su s’organiser pour profiter de cette puissance. N’oublions que la peur est pratiquement toujours liée au laxisme et à la fuite de responsabilités….C’est une sorte de loi naturelle….les faibles ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas, mais, ce n’est pas en croyant au Pére Noël, même s’il est habillé de rouge, qu’on va s’en sortir et ce n'est pas non plus avec des replis nationalistes travestis en humanistes has been, d'avant Blair...

    Images : La Gauche la plus dure en Europe, de Corbyn à Lafazanis, en passant par die Linke.