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16/04/2014

Espace mondial

J’ai terminé le cours Sciences Po en e learning…quel bilan et surtout que dégager comme synthèse, en quelques mots ?

 D’abord c’est un cours de grande qualité et on peut regretter que celui-ci, pour des raisons que j’ignore, ne soit pas vraiment en accès libre illimité, restant calqué sur le modèle scolaire, en face à face…encore une fantaisie tordue de notre système éducatif…ensuite, faisant environ une trentaine d’heures, il faut s’accrocher, comme toujours en enseignement en distance, faire l’effort de prendre des notes et essayer d’approfondir par des lectures, ce qui est évoqué dans le cours.

 Sur le fond, le bilan de ce long exposé sur l’espace mondial, du Professeur Badie, est de mon point de vue, assez sombre…

 D’abord, parce que pour lui, nos politiques sont trop faibles et sont en perte d’influence…trop d’acteurs transnationaux aujourd’hui qui influent sur les 7 milliards d’habitants de notre planète, à commencer par les religions qui dépassent les frontières et qui grâce aux nouvelles technologies peuvent être à l’origine de révolutions ou de clivages. Il devient quasi impossible de tenir des engagements, de respecter un échéancier, vu que tout bouge, tout est remis en question en permanence. Les anciens modèles sont inadaptés.

 Ensuite, les chiffres des démographes parlent d’eux-mêmes : notre Europe va vieillir, avec tous les problèmes économiques que cela va poser, chacun voulant accéder à une protection sociale égale et performante. En Asie déjà, la croissance est fortement infléchie par la part des séniors. Il faut mettre cela en perspective de l’Afrique, où la population et la jeunesse croissent de manière exponentielle.  Il est donc illusoire d’imaginer des politiques de repli national de type extrême droite…mathématiquement, même si le prof ne le dit pas, il parait évident que notre vieille culture, avec tout ce qui en découle,  est à mettre définitivement au placard…

 Enfin, comme il y a une aspiration globale des terriens à devenir classe moyenne, les ressources (eau, matières premières, ressources alimentaires) seront de plus en plus redistribuées, les cartes rebattues, et nous serons de plus en plus interdépendants les uns des autres, avec tous les risques de spéculation sur les prix et de rupture de stock, qui vont avec. Là aussi, les politiques de repli économique type extrême gauche sont obsolètes.

 Du fait de la révolution numérique, on ne mesure pas bien les conséquences sur l’emploi, qui partout, est de plus en plus menacé, au fur et à mesure que les machines remplacent les humains. Du coup, si le risque de guerre inter étatique est de plus en plus faible, le risque de guerre intra étatique entre classe moyenne et classes les plus défavorisées n’a jamais été aussi grand dans l’Histoire, et ceci menace TOUS les pays.

 De plus en plus, le fort perd de son panache et dépend de plus en plus du faible, qui a tout moment peut basculer dans des formes de révoltes plus ou moins suicidaires ou user de blocages.
Face à tous ces problèmes, ceux qui nous représentent seront de plus en plus bousculés, dépassés, contestés, d’une part parce que le système de représentation en démocratie convient de moins en moins, y compris les systèmes de partis, ensuite parce que les débats et dossiers, étant de plus en plus complexes, et du fait d’une tendance à la simplification des élites pour communiquer, les peuples auront de plus en plus de doutes et remettront en cause les programmes, les décisions, les caps…Ajourez à tout cela les questions d’environnement, de réchauffement climatique, où là encore, la notion de frontière n’a plus de sens.

 Car, que signifie la notion d’Etat dans notre monde, où les frontières sont de plus en plus franchies par la pollution, la technologie, avec les problèmes de droit et d’échanges économiques que cela pose, ou simplement parce que les hommes sont de plus en plus nomades, avec toutes les questions d’identité nationale et d’intégration que cela implique, pour l’école, pour le vivre ensemble, pour notre sécurité.

 Bref, tout est à inventer tous les jours, tout est à renégocier sans cesse et il faut tendre à l’universalité et la responsabilité…ce n’est pas vraiment comme cela que l’on forme en masse les jeunes en France, à mon avis …après, à chacun d’en tirer ses conclusions…

 


 

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