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04/03/2017

Moonlight mérite son Oscar

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Je n’avais pas encore vu Moonlight, sorti tardivement en France et honnêtement, il mérite son Oscar.

Bien sûr, le thème est intéressant (l’histoire sur trois époques d’un jeune noir américain marginalisé, issu de milieu pauvre), traitant de la difficile quête identitaire quand le milieu familial est défaillant et de la masculinité, particulièrement normée quand on est né dans un univers de gamins violents, bagarreurs et où la force physique est à peu près le seul critère important.

Mais c’est surtout la manière dont c' est filmé (au cœur d’une cité de Miami, réputée comme l’un des plus difficiles des Etats Unis), réalisé, monté et sonorisé avec un ensemble de musiques standards (jazz, hip hop, Mozart, international comme Cucurruccu utilisé déjà par Pédro Almodovar, tubes issus du hit parade, etc…) et en partie composée avec brio par Nicholas Britell, pour souligner les émotions et les blessures du personnage.

Dans cet univers agressif qui sert de cadre au film, le jeune réalisateur Barry Jenkins choisit d’être extrêmement pudique et de filmer dans la retenue, sachant créer assez rapidement empathie avec la vie chaotique est assez dramatique de Chiron. Incarné par trois acteurs différents puisque se déroulant sur trois temps, le casting a placé la vulnérabilité comme caractéristique principale devant se dégager du héros de Moonlight, et c’est très convaincant.

Grâce à cette somme d’exigences du réalisateur, Moonlight nous touche au plus profond et au plus intime….Belle récompense….même si j'ai beaucoup de doutes sur les interprétations vaguement "psy" d'une certaine gauche bien pensante "humaniste", qui profite du destin raconté de Chiron pour en remettre une couche sur un argumentaire démonstratif, transformer la chose en discours politique et expliquer tout et n'importe quoi, en ne comprenant au fond pas grand chose aux populations pour qui elle voudrait être de bien médiocres avocats. ….

Moonlight est un film sur la masculinité, dont les blessures et les crises sont les mêmes pour toutes les sexualités, mais conditionnée par  la race et la classe, qui choisit pour vous en vous mettant dans des cases. «Je pleure tellement parfois que je pourrais me tourner vers des gouttes» confie Chiron à Kevin, et, comme pour tant d'hommes, grandir pour lui est la recherche de moyens de cautériser la tristesse, de l'anesthésier avec rage. Le clair de lune trouve un moyen de le convertir en bonheur. "Le Guardian"

"C'est un film profondément sensoriel où les personnages finissent par s'autoriser à ressentir les sentiments qui les animent. En assumant leurs émotions, il revendiquent leur identité. C'est fascinant de voir quelqu'un qui aspire à quelque chose qui l'habite au plus profond en lui, mais qui n'arrive pas à le clamer haut et fort"

Barry Jenkinsn un cinéaste de l'introspection, bien plus que de la "psychologie"...

 

07:21 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma; films

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