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J'accuse au cinéma, glacial et tragiquement encore d'actualité

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La scène d’ouverture de "J’accuse" est magistrale d’humiliation.  Dans la cour de l’Ecole Militaire, remplie à bloc de soldats, encadrement supérieur compris, Dreyfus  se voit dégradé de son poste, ses galons étant arrachés et son épée brisée…

L’antisémitisme va ensuite être le fil conducteur du film, qui s’étale sur douze ans, face à des officiers, des juges, des experts, un esprit public majoritaire, qui  veulent reconquérir de la stabilité sociale, réhabiliter des valeurs, en « nettoyant » le pays, en stigmatisant comme responsable d’une crise, ces "dégénérés" de français dont la religion d’origine n’est pas catholique (n’oublions pas qu’on est avant 1905). A la fin du XIX siècle, l'armée doit se relever de la défaite de 1870, Drumont vient de publier "la France Juive", le cléricalisme se porte très bien dans une droite plus nationaliste et traditionaliste que jamais.

Racontée du point de vue du Colonel Picquart, un homme d'honneur, lui-même antisémite, interprété par un Dujardin plus glacial que jamais, le spectateur va découvrir peu à peu la faiblesse du dossier d’accusation et la mise en place d’une machination. Dreyfus sera finalement réintégré, mais sans tenir compte de ses années d’emprisonnement dans son avancement, preuve que même lorsque l’erreur judiciaire est reconnue, on n’est jamais tout à fait égal aux autres en France, quand on n’est pas comme les autres.

C’est filmé sans fioritures et effets de réalisation, je pense que c’est proche de l’Histoire, et cela reste une leçon terrible qui nous rappelle que nous n’en sommes peut être, pas tout à fait sortis.

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