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28/11/2014

Les MOOCs sont des produits comme les haricots

 

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Les cours en ligne seraient-ils un produit de consommation, comme des haricots, allusion à Duchamps, qui évoquait l’art, un mix de paillettes et de soupe culturelle, aussi vulgaires qu’une sculpture de Jeff Koons ?

On peut se poser la question, j’ai dernièrement découvert un MOOC sur l’impressionnisme, réalisé en partenariat avec les Musées Nationaux, lancé avec l’exposition en cours sur Durand Ruel au Palais du Luxembourg… cela m’a paru bien fouillis, avec toutes sortes de ressources, y compris des vidéos recyclées, dont il faut supporter les 20 secondes de pub, avant d’y accéder…

La French Touch, qu’on retrouve dans d’autres domaines, c’est souvent priorité à la forme, il faut cibler le plus grand nombre….dans ce même MOOC sur l’impressionnisme, un « étudiant » donne un lien dans un forum, permettant d’accéder à un produit sur Monet, réalisé en 2010 par les mêmes Musées Nationaux…c’est un bijou de technologie, que je vous invite à découvrir, avec un graphisme soigné et l’emploi quasi abusif de l’interactivité (toujours la grande peur que le visiteur se tire), un outil qui a du couter un certain prix à produire….mais que retient-on ? Je voudrais qu’on m’explique les objectifs et le but poursuivi….

 

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Je suis un partisan d’une approche anglo-saxonne, certes souvent aussi austère qu’un temple luthérien, où on privilégie le fond à la forme, le contenu au ludique, l’expertise à la vulgarisation, l’effort et la ténacité au bling bling  culturel. Certes, il faut s’accrocher….je viens de terminer un MOOC sur le terrorisme, produit par l’Université de Georgetown, qui est une université catholique jésuite basée à Washington, c’est raide de chez raide…mais le contenu est riche, c’est carré, on ne se perd pas dans des chemins de traverse, et les interviews des experts, souvent en poste dans les agences de renseignement ou issus du Département d’Etat,  sont d’un excellent niveau…le dernier module est un exercice de simulation planétaire comme adorent les américains, démarrant par une alerte fictive d’attentat au Danemark, avec pression du temps…j’avoue que je ne l’ai pas fini, car il faut une super maitrise de la langue anglaise que je n’ai pas, pour résister au stress et comprendre les nuances des témoignages, interpréter les documents et choisir une stratégie d’enquête, comme proposé dans le jeu, mais visiblement, c’est du lourd.

 

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J’ai eu de multitudes débat sur ce sujet en France (niveau de ludique/contenu) au cours de ma carrière en tant que consultant e learning, où j’étais toujours à la marge face en particulier aux jeunes générations, qui se précipitaient souvent trop vite, de mon point de vue, sur leur tablette graphique pour faire du beau…on ne se refait pas…mais bon, Jeff Koons, qui provoque avec  sa panthère rose fluo et ses sculptures d’ébats porno, est aussi un perfectionniste, grand collectionneur d’art classique…pas sûr que nos concepteurs de MOOC aient fait beaucoup de face à face pédagogique en salle avec de vrais élèves en chair et en os, avant de s’éclater, avec leurs animations….

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