Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/02/2015

Je m'appelle Gerhard, je me bats à Dresde pour la vérité

29600222,31262767,dmFlashTeaserRes,150118+B%25C3%25A4rgida+2.jpg

 

Je m’appelle Gerhart, j’ai 73 ans et j’habite les faubourgs de Dresde, un endroit calme, entouré de verdure, avec des petites maisons assez identiques. Je suis en retraite, j’ai été longtemps enseignant à Francfort sur l’Oder, non loin de la frontière avec la Pologne, puis j’ai poursuivi et terminé ma carrière ici, à Dresde. A la fin des années 80, j’étais un militant très actif pour la liberté et quand le mur est tombé, je crois que c’était l’un des plus beaux jours de ma vie.

 Pourtant, nous avons vite déchanté…les allemands de l’ouest nous ont humilié, nous étions accusés de tous les maux, de mettre à plat l’économie, de couter cher, les hommes d’affaires de l’ex RFA ont traité mes compatriotes comme des chiens qu’il fallait rééduquer. Savez-vous que c’est actuellement dans cet ex RDA que le taux de suicide est le plus élevé en Europe ?

 Nous n’en pouvons plus, vous avez tout détruit. Nos écoles qui étaient de meilleure qualité à l’est qu’à l’ouest, sont devenues des poubelles. Nous ne sommes pas racistes, simplement, sous prétexte qu’il fallait importer de la main d’œuvre étrangère parce que les allemands ne faisaient pas assez d’enfant, vous avez dégoutté les plus compétents de nos professeurs, en les laissant gérer seuls sans moyens, toutes les questions multiculturelles et religieuses, que vous ne vouliez pas voir, du haut de vos tours, le nez sur vos écrans à l’autre Francfort, Francfort sur le Main, la grande cité de la finance… Vos journalistes qui caricaturent tout pour vendre du papier et qui roulent pour la CDU ou le SPD (pour moi, c’est la même chose, la même course en avant vers un suicide collectif) surnomment même maintenant nos universités, dont le niveau est très faible, des lycées pour tous.

 Oui, j’ai manifesté avec Pegida en début d’année, nous pensions retrouver l’esprit de la belle époque, mais nous avons du nous résigner, les plus jeunes générations sont tellement désespérées qu’elles suivent et cautionnent n’importe qui, comme cet ancien escroc qui s’est déguisé en Hitler…

 Nous sommes depuis une semaine silencieux, même si une centaine d’entre nous tentent encore de se faire entendre à Berlin, car nous ne voulons plus apparaitre aux yeux du monde comme des populistes néo-nazis, nous avons assez souffert comme cela, et l’image de cette belle ville de Dresde, au patrimoine culturel si riche,  est en train de sombrer, nos hôtels et nos restaurants sont vides, alors que nous fêtons cette année les 70 ans  du terrible bombardement au napalm par les alliés de nos pères et mères…

 

politique etat,allemagne

 

 Vous avez reconstruit un mur virtuel de la honte et maintenant que tout n’est plus que ruine morale, je me demande comment nous allons en sortir…

Photos :Nous ne sommes pas des nazis, nous sommes des citoyens (Source Berliner Zeitung ce matin)
Dresde : Une exposition vient de débuter en souvenir des bombardements de février 1945

Ce texte est une fiction, issue de mon imagination, compilation de lectures et de souvenirs d'un merveilleux séjour à Dresde.

 

Les commentaires sont fermés.