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01/03/2015

Michel Rocard - Suicide de l'Occident, suicide de l'Humanité - Le livre

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Michel Rocard vient de sortir un livre « Suicide de l’Occident, suicide de l’humanité », avec un titre un peu « zemmourien », pas très heureux à mon avis,  qu’il dit être un choix de son éditeur, et dans lequel, il retrace l’Histoire du Capitalisme, avant d’évoquer les différentes crises actuelles, qui s’empilent les unes sur les autres. Peu d’échos dans la presse pour ce livre, à part le Figaro, qui paradoxalement, lui a accordé à ma connaissance au moins deux longs articles. C’est vrai que Rocard a son franc parler, qu’il dit des choses qui doivent faire dire à la gauche qu’il est devenu complètement gaga (il revient par exemple sur De Gaulle en 68 en le trouvant visionnaire, alors qu’il l’a lui-même beaucoup critiqué à l’époque, ce qu’il admet). Et puis, il se place du côté de l’économie de marché, qu’il soutient globalement (le libéralisme étant pour lui le moins mauvais système), même s’il en trace un portrait souvent très critique, évoquant ce qu’en ont fait les décideurs, en particulier, depuis les années 60.

 C’est du Rocard pur jus, avec un mélange de lucidité, d’écologie, de théorie économique et d’austérité protestante. C’est un peu du Piketty, à la sauce Attali-Mathieu Ricard, largement parfumé d’espérance parpaillote. Ainsi, alors qu’il passe très rapidement sur l’immense responsabilité des socialistes français dans la création de l’euro, reconnaissant que  sa naissance fut bien plus géopolitique que rationnelle en passant en force face à une Allemagne qui craignait très tôt ce qui se passe aujourd’hui, il se défausse, comme Delors, en déplorant l’absence de système de gouvernance commun aux Etats membres.  Il ne dit pas non plus, un mot sur les nombreuses magouilles de l’UE pour faire adhérer la France et la Grèce (probablement aussi le Portugal, l’Espagne, l’Italie, l’Irlande) à l’euro, alors que les performances économiques de ces pays ne répondaient pas aux critères définis à Maastricht, des manœuvres politico-comptables impliquant gauche et droite, dignes de voyous de la plus belle espèce (il faut revoir en Replay sur FR3 le DOC Interdit du 26/02/2015 « La crise grecque, une faillite européenne », époustouflant !!!).

 Même s’il n’a pas vraiment de solution, Rocard déplore le manque de véritable mobilisation intellectuelle du plus grand nombre et regrette  le manque de vision à long terme, qui pour lui, est en train de tuer le politique, celui-ci ayant perdu beaucoup de noblesse au profit de manœuvres et de stratégies purement clientélistes.

 Après, chacun en fonction de sa sensibilité, retiendra ce qu’il voudra, comme par exemple  sa très vive condamnation des programmes nationalistes…il a raison, d’après moi, de plaider pour l’Europe…on oublie souvent d’y voir un merveilleux rempart contre les extrêmes, comme on le voie actuellement avec la Grèce, où Tsipras et sa bande sont marqués de près à la culotte, par l’Allemagne et l’ex Troïka, qui protègent quand même le peuple d’une dérive trop socialiste, quitte à remettre un peu en cause le vote démocratique. D’autres pourront retenir sa longue plaidoirie pour une gestion plus collective et responsable de nos ressources planétaires et sa défense de la condition animale, d’autres retiendront les graphiques sur les inégalités en forte croissance dans tous les pays occidentaux, on peut aussi adhérer à l’idée selon laquelle, il faut surtout lutter pour laisser à chaque homme sa dignité, en restant ferme face au retour de la violence et des fondamentalismes barbares…

 Bref, c’est un bouquin de Sage, de vieillard quand même pas mal inquiet sur l’avenir de notre belle Terre, un ouvrage à qui on devrait quand même, selon moi, accorder un peu plus de place…ça vaut largement autant que les coups de com de Hollande à Manille avec ses cocogirls (moment et lieu mal choisis pour moi)…

 

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