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05/08/2015

Reconnaissance Zéro

Onfray, tu m'empêches de dormir avec tes chroniques quotidiennes sur France Culture...tu es tellement incohérent et tellement tourné vers toi...que tu me fais penser à moi.

Hier tu évoquais Bourdieu, qui comme toi (ou moi) vient de la base...l’œuvre du sociologue est immense, mais tu as choisi trois thèmes surtout familiers à ton univers, pour parler de lui : sa vison des médias et en particulier, la télévision qu'il n'aimait pas beaucoup...toi aussi, tu en dis beaucoup de mal et Dieu sait que tu te méfies de la presse... pourtant tu en uses et en abuses, je pense qu'en heures cumulées, tu dois talonner Raphaël Enthoven. Moi non plus, je n'aime pas beaucoup cette manière qu'on a de tout saucissoner pour l'audience ou de travailler l'information pour la rendre communicante et favorable à une cause ou un pouvoir, et pourtant, j'y ai passé une grande partie de ma vie...

Ensuite, tu as longuement cité Bourdieu sur ses écrits concernant sa jeunesse en internat (comme toi, qui a dit avoir beaucoup souffert du groupe dans ton enfance, de sa violence et de sa bêtise), où quand tu lis un livre, tu passes pour une tarlouze...c'est marrant pour un homme qui dénonce beaucoup l'hypocrisie de la bourgeoisie élitiste de gauche, à travers l'héritage familial de Lacan, Foucault, Sartre, Deleuze, BHL, Derrida, etc..ces philosophes très méprisant de la pensée banale du peuple selon toi, en affirmant le contraire, et Mitterrand Hollande, ces politiques qui ont vendu le socialisme au libéralisme et à l'argent...et pourtant, en évoquant ces rassemblements d'hommes que sont l'armée, l'internat ou la prison, on sent que tu la fuies la meute avec ses comportements collectifs de sauvages... je me retrouve bien là dedans...

Enfin, tu as brossé un tableau de Bourdieu mal dans sa peau au Collège de France, suant et physiquement opprimé par un public d'intellectuels pédants, quand il faisait ses conférences...je sais de quoi tu parles, je sais ce qu'on ressent quand ces messieurs de la Haute se demandent qui a permis à un va nu pied qui bafouille sa honte de petit, de prendre la parole dans leur monde...tu sais, quand tu ressens le jugement moqueur, davantage porté sur la modeste valeur de tes chaussettes et de tes pompes, que sur ce que tu dis...c'est normal, t'as qu'à mettre de la marque, tout le monde sait que ça compte l'apparence dans les banlieues, et pour qui la sociologie de la rue apporte autant dans ce domaine que les cours magistraux de l'EHESS...

Tu vis mal, toi aussi, tes origines...c'est pour cela que tu essaies de passer pour un vrai mec de gauche authentique... enfin, un mec de la gauche libertaire, pas un de ses soldats communistes ou radicaux affiliés à un parti...quand même , faut pas se mélanger avec n'importe qui !

Tu sais vieux, le mal est plus grave...moi, je ne sais même plus ce qu'est mon identité...j'ai toujours l'impression de ne pas vivre où je devrais être....je me sens comme une boule de flipper toujours propulsée ailleurs, tiraillée par des forces invisibles, secouée dans tous les sens, pour terminer sa course bêtement en tombant dans le trou, sans même avoir fait claquer le compteur, comme si c'était un coup pour rien, sans espoir de game over....question d'origine...peut être....comme Bourdieu, comme Onfray...en bien plus mauvais !





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