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17/09/2015

L'Europe désunie serait-elle destabilisée ?

Je n’y comprends plus rien, avec ces quotas d’immigrés qu’on pense mettre derrière des marteaux piqueurs pour les utiliser comme main d’œuvre, comme je l’ai entendu hier sur une grande radio nationale française dans la bouche d’un politologue, je crois qu’on marche un peu à côté de nos pompes, partout en Europe.

Viktor Orban interviewé ce matin dans un quotidien allemand, avance le chiffre de 100 millions de migrants possible, oui, j’ai bien lu, 100 Millionen Migranten (malheureusement, le journaliste de Die Welt ne rebondit pas pour lui demander qu’où il sort ce chiffre, si ce n'est qu'Orban dit qu'ils arrivent de partout, genre Pakistan), qui pourraient effectivement d’après le PM hongrois, déstabiliser l’Europe, évoquant la compétition des cultures dans un avenir plus ou moins proche et dénonçant une Europe qui ne prend pas le problème à bras le corps. Certes, ces migrants ne choisissent généralement pas la France comme pays d’accueil. Entre les flots qui se déversent en Autriche et en Hongrie,  et quelques centaines qu’on évacue Gare de Lyon, on est loin du compte…

 

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Est-ce que les immigrés syriens se pressent sur le pont de l’Europe à Strasbourg pour venir en France ? En Suisse on se demande pourquoi les migrants ne font pas la queue à leur frontière avec l’Autriche…pas si fous les réfugiés, ils sont jeunes, ils lisent leur portable, leur outil le plus précieux,  et savent ce que rapporte la presse en Europe, traduite en un clic dans leur langue… à Calais, où le Temps de Genève, nous dit que c’est une belle pagaille avec un trafic en croissance de chauffeurs devenus passeurs, ils veulent presque tous rejoindre l’Angleterre, car le pays d’accueil  doit être un peu attractif…si c’est au mieux, pour être parqué au fond d’une banlieue, sans espoir de future, en étant fiché comme terroriste, non merci, ils n’ont pas faits 5000 bornes pour ça.

Et l’Allemagne, qu’est ce qu’elle aurait de plus que la France ou la Suisse ?

Elle est riche ? La Suisse aussi, elle est riche encore plus que l’Allemagne et elle porte avec sa Croix Rouge, son Croissant Rouge, etc…une tradition multi culturelle forte…mais en Suisse, les étrangers, surtout s’ils vont à la mosquée, ben bon ça suffit, on n’en a un peu ras la marmite depuis quelques temps…

Alors c’est quoi qui attirent ces jeunes hommes ? Le système social ? La France a indiscutablement meilleure réputation…Alors ? Elle est plus humaine, l’Allemagne ? Tu as vu comment elle a traité les grecs….Ben justement….Orban (fortement critiqué hier soir dans le fameux talk show houleux très suivi outre Rhin, avec Ann Will) dit que ce sont le libéralisme et une attitude intellectuelle très ancrée sur l’ouverture, qui attirent les migrants.

Et puis, j’avance une idée sur la question. Les grecs ont fait ressortir une culpabilité que l’Allemagne traîne comme un boulet, son passé nazi….En caricaturant dans leurs manifestation Place Syntagma à Athènes, Merkel, Schauble et les autres vus comme des descendants de SS, ils ont fait rejaillir ce qui trouble encore beaucoup les germains, l’horreur hitlérienne.

 Comme dans l’excellent dernier film de Barbet Schroeder « Amnesia », qui montre la fuite d’une berlinoise incarnée par Marthe Keller, qui va jusqu’au refus de sa culture et de sa langue d’origine,  le peuple allemand porte le poids de la barbarie nazie sur ses épaules…Il faut dire que cette culpabilité peut aller loin, comme l’écrivait dans l’Imprescriptible, le philosophe français Jankelévitch, qui n’avait pas envie de pardonner au peuple allemand :

« Le pardon ! Mais nous ont-ils jamais demandé pardon ? C’est la détresse et c’est la déréliction du coupable qui seules donneraient un sens et une raison d’être au pardon. Quand le coupable est gras, bien nourri, prospère, enrichi par le miracle économique, le pardon est une sinistre plaisanterie. Non, le pardon n’est pas fait pour les porcs et pour leurs truies. »

 

Car il y a une chose que j’ai comprise dans cette affaire, en lisant tous les jours la presse allemande depuis plusieurs mois. L’Allemagne vit cette épreuve, non pas comme une chance, ne soyons pas idiot, mais comme un challenge, une occasion de redorer son image, bien entamée, parce que s’ils se plantent, ils ne s’en remettront jamais. «Je le dis encore et encore: Nous pouvons atteindre cet objectif, et nous pouvons le faire// sinon, ce n'est pas mon pays" a déclaré Merkel que de plus en plus d'allemands commencent à traiter d'idiote ..ou de monarque dont le sourire "autoritaire" fait couler beaucoup d'encre...néanmoins, de nombreux PDG de grosses firmes semblent en accord avec la Chancelière.

Elle  ajoute que l’Allemagne sait qu’elle est toujours meilleure quand elle est bousculée, et qu'elle doit donner une sorte d’exemple au monde…Merkel porte haut la fierté de son pays, il faut l’entendre ou la lire, ce n’est pas le mielleux Hollande qui surfe entre action militaire et discours fumeux…Mutti, elle veut que les allemands donnent ce qu’ils savent faire de mieux, comme l’organisation ou la formation permanente, elle veut probablement que chacun y trouve son compte , car elle pense qu’il y a plus à gagner qu’à perdre… sauf que si l’invasion, et l’Allemagne, fer de lance de l’UE n’est pas choisie au hasard, atteint les chiffres de Orban même s’il exagère beaucoup pour bousculer l’UE, les allemands comme nous tous, vont perdre leur âme, car cela voudrait dire que l’Europe chrétienne pourrait se retrouver très fortement chamboulée…

La culpabilité, OK, mais pas au point de perdre la tête…il serait peut être temps de s’atteler vraiment au problème et de dépasser les idéologies ou les croyances…Où est un début de vérité dans cette affaire ? Nos dirigeants savaient se retrouver la nuit pour sauver les banques de la faillite en Grèce, je ne les voie pas beaucoup passer des nuits ensemble sur ce sujet et tout ce que cela entraine, pourtant je croie qu’il est urgent de confronter les points de vue, en laissant un peu les petites visions nationalistes de côté…

"RefugeesWelcome" ou "stop immigrates"

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