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Le succès de Houellebecq au Théatre d'Hambourg, un signe des temps ?

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« Soumission » le dernier roman de Michel Houellebecq, qui a tant fait polémique en France, sorti le jour des attentats de Charlie Hebdo, fait un tabac au Schauspielhaus de Hambourg, mis en scène par Olaf Altmann, dans une adaptation du livre au théâtre. Un seul acteur sur scène, Edgar Selge, pour jouer le rôle du professeur de littérature François, bouleversé dans sa triste vie par l’arrivée de Mohamed Ben Abbes au pouvoir, qui entraine une refonte profonde du système universitaire, lié à l’effondrement des partis traditionnels, qui préfèrent se saborder et soutenir un candidat musulman que de voir arriver le FN à la tête du pays, en 2022.

L’acteur apporte son énergie au clown tragique, à l’intellectuel misogyne pataugeant dans une grande misère sexuelle, non mécontent de voir les femmes rabaissées grâce à la discipline imposée par le nouveau pouvoir, qui justifie ses thèses machistes par la religion : retour des femmes à la maison, port du voile, et soumission sexuelle aux hommes.

Le succès de la pièce, qui dure deux heures trente, interroge la presse allemande. En effet, les représentations, prévues jusqu’à avril,  ont vite été complètes, même si la pièce se jouera à nouveau à Berlin et Dresde et si une prolongation devrait avoir lieu à Hambourg... Pour la première, on n’avait pas vu une telle ovation du public depuis dix ans au Shauspielhaus, d’après un grand connaisseur du théâtre.

Le Zeit se demande comment Hambourg, une ville très majoritairement de gauche, peut aimer "Soumission", cette vision assez populiste d’un pays qui tombe dans les mains des musulmans. Ce succès serait-il à rapprocher de la montée inquiétante du parti AFD (Extrême droite) en Allemagne ?

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D’abord, l’acteur ne ménage pas ses forces…et puis, Houellebecq parle plus de nos peurs que d'islam, de la misanthropie qui sommeille au fond de chacun d’entre nous, de la décadence de notre société occidentale, et de nos fantasmes de polygamie…

Et puis, comme le souligne un commentaire, le théâtre est en crise, y compris en Allemagne, et la pièce de Houellebecq réveille un peu le paysage, avec ses frivolités un peu salaces, ses stéréotypes racistes, sa manière de se moquer en creux des intellectuels français, et de ces voisins socialistes qui  se disent pays des droits de l’homme en laissant crever les migrants dans des ghettos…

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Bref, on en redemande à Hambourg… « Ce fut un moment délicieux, n’est ce pas chérie ? »

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