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18/05/2016

Julieta de Pedro Almodovar

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Almodovar n’aura pas la Palme, probablement même aucun prix à Cannes cette année. Pourtant, Julieta n’est pas un mauvais film, au contraire, c’est un pur AOC du réalisateur.

Almodovar filme la culpabilité…et le malheur…le tragique, il sait faire, car il le fait avec beaucoup de sensibilité et de pudeur…Mais là, on cumule : disparition, adieux, accident, suicide sous un train, maladie d’une épouse, d’une maitresse, enterrement, solitude, dépression, pas de quoi rire, pendant une heure trente. Vous reprendrez bien un peu de cancer, avant de nous quitter à jamais pour l’au delà, non ?

Par ailleurs, pas de grand moment de cinéma, pas de séquence culte, avec chorégraphie, scène romantique, panoramiques de campagne espagnole plombées de soleil ou de ralentis géniaux…rien…certes, il filme avec beaucoup de sensualité la cuisine, des plats du pays, préparées avec amour par des femmes….car des femmes, il y en a, il n’y a presque que cela, Almodovar aime les femmes, et cela se sent, pour lui, les femmes sont plus fortes que les hommes, car elles donnent la vie et elles résistent mieux aux douleurs qu’elles affronteraient avec dignité ….mais bon, c’est lourd, comme les statuettes de bronze et de terre cuite que sculpte Ava, une artiste qui croise le chemin de Julieta, et qui représentent des petits hommes…Pour Almodovar, l’homme est probablement toujours un petit, un immature, un enfant imprudent, qui pars en mer un jour de grande tempête, pour fuir le conflit, l’affrontement… l’homme est tellement lâche.

Bien sûr, toute cette tragédie, crée de la culpabilité…et hop, tu en prends pour vingt ans, voire plus si gros chagrin. Bien sûr, comme toujours chez Almodovar, Iglesias signe la musique, une musique pour film noir, sans thème majestueux et sans accent mélodique particulièrement léché, aux sonorités sud américaines, comme on en a connu dans d'autres films du réalisateur. Bien sûr, il y a du rouge dans la déco, histoire de fidéliser l’image, mais il y a du blanc aussi pour marquer le vide et du papier peint au motif bien tapageur, histoire d’oppresser encore un peu plus le spectateur.

A voir ? Bof, s’il pleut ou si c’est la guerre civile dans la rue, si tu es un peu maso, et si tu n’as rien d’autre à faire, oui…ça peut se voir….mais à mon avis, on peut aussi s’en passer.

18:13 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cannes

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