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Rojo au cinéma

Nous sommes à la fin du péronisme, peu après la mort du Général en 1975, en Argentine, droite catholique radicale et gauche se déchirent, alors que le pays est la 7ème puissance mondiale. Une guerre civile anti communiste, contre la « menace rouge (rojo) » se déroule, on estime qu’il y aurait eu environ 10 000 victimes, dont la plupart ont disparu, sans qu’on ne retrouve jamais leur trace.

Rojo se déroule à cette période et utilise, très habilement, une métaphore, à travers le portrait d’un avocat installé, paisible père de famille, bénéficiant d’une certaine notoriété, qui va se retrouver témoin du suicide d’un pauvre bougre, avec qui il a eu une altercation, dont il va faire disparaitre le corps dans le désert, pour ne pas nuire à ses intérêts.

Un silence pesant va s’installer, alors que la vie semble se poursuivre sans problème, dans l’entourage de l’avocat….

Ce film, qui m’a rappelé les films des grands réalisateurs d’antan, est une fable sombre, qui montre comment un peuple accepte avec un cynisme total les pires lachetés, en étant au fond, responsable de peu de fautes, si ce n’est de fermer les yeux sur des petits larcins, tout comme sur des disparitions, et de vouloir aller individuellement au bout de sa vérité, annonçant le retour d’une dictature et d’un génocide.

En fait, le pays va se disloquer et se fracturer, par la somme des comportements des plus dominants, une culture un peu western, très courante, en Argentine, d’après le réalisateur, s’exprimant dans le dossier de presse

C’est le troisième long métrage de Benjamin Naishtat, un jeune auteur de 33 ans et je suis plein d’admiration pour la construction de son scénario, et pour une mise en scène, qui frise avec le fantastique, où est reconstitué avec brio images, ambiance, décors et son d’époque. Je ne retrouve pas trop d’ailleurs, ces constats, dans les critiques que j’ai lues.

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