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  • de Seraphine à Nanda

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    Instants de bonheur...on projetait Seraphine samedi soir à côté de chez moi et Martin Provost le réalisateur était invité. Martin Provost et Yolonde Moreau, l'alliance d'un scénariste réalisateur (sûrement très pointilleux sur le détail historique, à l'approche documentaire), et de Yolande Moreau, (formée au mime, passionnée par le travail sur le corps)...on est dans un parti pris très différent de l'alliance réalisée jadis entre Dutronc (l'autodestructeur) et Pialat, (la sensibilité et l'émotion à fleur de peau, l'attirance pour le border line) pour évoquer un autre peintre Van Gogh...
    Mon plus grand regret est de m'être réveillé ce matin avec une question que je n'ai donc pas pu poser à Martin Provost : la reconstitution de l'histoire de Séraphine est parfaite, Moreau est très crédible en femme de ménage et peintre (du dimanche), mais pas comme une allumée mystique qui devient peintre de génie, on trouve peu de photos de la vraie Séraphine sur internet, mais je pense qu'elle devait avoir le regard plus allumé que Yolande Moreau...car Martin n'a pas poussé le bouchon très loin la dedans, ce n'est pas son angle d'attaque, mais bon, cela reste un très bon film....bref, on apprend plein de choses, mais on ne comprend pas, c'est une vision de prof....et il est possible que la mélancolie naturelle de Moreau nous fasse passer completement à côté de la vraie Séraphine...

    Ce matin, j'étais en atelier d'art avec Nanda comme modèle...dur, dur de faire passer quelque chose...le premier prof de dessin que j'ai eu lors de mes cours du soir aux Beaux Arts de Paris disait " je n'attends pas des beaux dessins, mais quelque chose qui fasse passer une émotion sinon, on projette une photo au mur et vous peignez en suivant les contours"...

    Hier soir, Martin Provost racontait que ne pouvant utiliser les vrais tableaux de Séraphine de Senlis, il les avait fait reproduire avec la technique évoquée au dessus...le résultat était terne, ressemblait à du papier peint et ne passait pas à l'image...il a fallu qu'il laisse de vrais artistes s'inspirer des oeuvres de Séraphine pour rendre "la vie"....car, transmettre la vie, c'est tout ce qui fait la différence entre un peintre du dimanche comme moi et un artiste...

     

     Photo : Séraphine de Senlis. Voir aussi l'expo au Musée Maillol