Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

05/11/2014

La tyrannie de gauche

Montebourg fait un stage de management....on peut regretter qu'il le fasse après avoir été ministre de l'économie, j'espère qu'on va le sensibiliser à une autre forme de pensée que la sienne.

Je vais essayer d'illustrer mon propos en prenant un exemple et en comparant deux manières d'être salarié. Comparons deux types de travail en mode projet, c'est à dire un job qui consiste à se mettre au service d'un client pour une durée fixée par contrat. 

Comparons donc le mode « intermittent du spectacle » et le mode plus anglo-saxon type « boite de consulting ». Dans les deux cas, le « salarié » alterne des périodes de mission et des périodes d'inter contrat. Ajoutons qu'il peut être rémunéré au forfait pour ce boulot.

Dans un cas, c'est Pôle Emploi qui gère, avec une prise en charge par l’État à partir de seuils, les périodes dites chômées, avec un barème d'indemnités. J'ajoute que l'Etat puise ses indemnités dans la poche des autres salariés du privé, évoquant le principe de solidarité. Dans l'autre cas, c'est l'entreprise qui emploie le consultant qui rémunère les inter contrats en général de manière uniforme en terme de tarif, à ses périodes de travail.

Sauf que dans le cas d'un consultant, le principe est clair...si tu veux gagner 3 000 € par mois, on applique un coefficient, genre 2,5, qui correspond au montant que tu dois générer pour te rentabiliser, dans notre cas, le type doit rapporter 7500€ minimum par mois. Et dès la première seconde où il est embauché, les compteurs tournent...c'est pour cela que dans ces boites là, on se moque bien que tu prennes 2 heures pour aller au dentiste ou pour aller faire faire une vidange à ta bagnole, car on fait les comptes régulièrement. Tu peux rester en inter contrat un mois, deux mois, trois mois , sauf qu'il te faudra rattraper ce que tu « dois », d'où un espèce de jeu où tu as parfois intérêt à accepter une mission peu intéressante pour assurer l'alimentaire ..tu peux et tu dois aussi, en profiter pour te former, car tu sais que ta valeur sur le marché tend en permanence à se banaliser, donc à se dévaloriser...tu prends tes responsabilités...sauf que si au bout de six mois, tu coûtes bien plus cher que tu ne rapportes, on va te faire comprendre clairement en fixant une échéance écrite que tu vas pouvoir être licencié...

Vivre de cette manière, ce n'est pas tout à fait la même chose que vivre dans une France, où la soi disante méritocratie est la règle, où comme dans l'Administration, il existe 15 ou vingt types de sortes d'absence que des petites mains comptabilisent...attendre comme un intermittent, derrière son téléphone que celui-ci sonne, où n'est jamais posé pratiquement la question de sa propre valeur (sur le marché et pas seulement dans la boite qui t'emploie temporairement) et où on comble le manque à gagner par du travail au noir, n'est pas du même tonneau que d'être un salarié responsable.

Alors, quand je raconte cela autour de moi, en particulier à des gens qui sont en retraite ou en fin de carrière de la Fonction Publique, on me dit « notre carrière, c'est d'abord le problème de l’État à qui on a passé un contrat en rentrant pour se mettre à SON service et puis notre valeur, c'est notre culture personnelle »....mais du coup, on se met en situation de dépendance, même si je sais que mon système type consulting a aussi des défauts et ses dérives (comme dans une grande entreprise française, l'une des plus prestigieuses, où certains hauts dirigeants négociaient avec des jeunes consultantes brillantes et jolies et qui en voulaient, des contrats contre des faveurs, une sorte de harcèlement sexuel gagnant gagnant, mais bon, ne généralisons pas).

Enfin, responsabiliser chacun, je pense que c'est l'avenir...mais dans ce pays, tout le monde, loin de là, n'a pas envie d'aller dans cette direction, on préfère souvent la force, la grève, l'affrontement, l'action collective, voir de réver encore d'autre chose....mais c'est aussi une forme de tyrannie, car dans un pays qui s'écroule, on punie de plus en plus les gens "responsables" en les taxant pour pouvoir aider les autres...même si je sais bien que ma argumentation fait sauter le plus nombre au plafond.

 

 

Les commentaires sont fermés.