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08/12/2014

Hit parade

Avec la fin d’année, la presse va tenter de booster ses ventes avec l’homme de  l’année, le meilleur livre de l’année, le meilleur film de l’année…eh, oui, chaque média connaissant bien sa cible de lecteurs, il est ensuite aisé de déterminer le produit humain ou « culturel » qui s’est le mieux vendu…oui, je mets « culture » entre guillemets, car à part quelques vieux intellectuels franchouillards, qui peut encore croire qu’un livre ou qu’un film appartiennent au domaine de la culture ? La France se porterait mieux si nos demi élites, Educ Nat en tête, étaient plus lucides, ces produits sont faits pour passer un bon moment ou pour satisfaire des désirs plus ou moins avouables, sans plus, comme on se boit une bonne bière ou comme on ralentit pour regarder un accident…les vrais élites, comme en haut lieu, à l’Elysée par exemple, savent eux, que la France est constituée de « patates » avec des profils liés aux revenus, aux origines, au niveau d’études, à l’âge, au lieu d’habitation, etc… et qu’en fonction d’additions subtiles,  il suffit de balancer dans un meeting  qu’on est normal et qu’on n’aime pas les riches, ou que l’immigration est trop forte, pour accéder au pouvoir ….sur le plan dit culturel, il suffit de regarder qui fait les plus hauts scores (de Bienvenue chez les ch’tis au livre de Trierweiler), d’être un peu curieux et d’aller voir sur Youtube les vidéos les plus visionnées (Gangnam Style, l’ourson sauvé de l’appétit du tigre par les parents ours, les plus belles femmes du monde ou la captation des plus beaux KO de boxe de l’histoire….) et de sélectionner les livres les plus lus sur Amazon (Le chat de Geluck, le Zemmour, le prix Renaudot..) pour se dire que plus un document est lu ou vu, plus on peut s’inquiéter du niveau du dit produit….après, comme dirait un expert en marketing, l’important, c’est d’identifier le segment de marché auquel tu appartiens, ce que savent très bien faire les logiciels de commerce en ligne qui marchent (pas « Place des libraires », un machin français censé concurrencer Amazon, plutôt pâle en algorithme et mis à jour à la petite semaine)….tu peux faire de la résistance (moi, j’aime bien faire semblant de résister, c’est bon pour mon image perso), comme les Cahiers du Cinéma, qui, pour sauver leur canard du naufrage grâce à une poignée d’irréductibles dont je fais parti,  sont fidèles à leur ligne éditoriale qui  place en tête les films qui ont fait le moins de spectateurs : P’tit Quinquin, qui, à mon avis n’a pas remué les foules, et Godard, l’homme qui répète que le cinéma n’est plus un art et qui a quand même réussi l’exploit, en filant de tels malaises visuels à la minorité qui a vu son « Adieu au langage », de porter un coup fatal à l’emploi de la 3D dans la production cinématographique…

Bref, dans mon segment de marché, bobo parisien sénior, j’avoue que j’ai été plutôt bien servi en produits audiovisuels, à part cet été, mais les distributeurs savent que mon segment a suffisamment de pognon pour partir en vacances et qu’il est donc inutile de sortir des films à cette époque…

Je redis donc tout le bien que j’ai pensé de « Love in Strange », de « Eden », de « National Gallery » mais aussi, plus en amont en 2014, des deux Saint Laurent, de « Nymphomaniac 1 » (pas le 2), « Vivian Maier »,  « Viva la liberta » malgré une fin tirée par les cheveux, auxquels je souhaite ajouter le « Loup de Wall Street » (sorti fin 2013), « Welcome to New York » (un film raté sur le plan cinématographique mais très intéressant sur le plan de la peinture d’un homme de pouvoir), et « Adieu au langage », qui m’a posé d’importants problèmes sur le plan visuel (images 3D différentes dans un même plan et cadrages à loucher, pour volontairement perturber le spectateur), mais qui mérite d’être vu sur le plan expérimental et sur la réflexion qu’il dégage par rapport à ces technologies.

Et toi, tu as identifié ton segment de marché ?…ah, tu lis Télérama ou tu croyais que tu te cultivais quand tu allais chez ton libraire….tu sais, avec la crise, un éditeur, un libraire ou un producteur et un distributeur qui veulent survivre, ils ont intérêt à penser rentabilité plutôt qu’à la finalité culturelle….les gens, comme Humbert Balsan, qui se sont suicidés (il y en a d’autres), parce qu’ils étaient couvert de dettes, tout en permettant la réalisation de choses magnifiques,  ont marqué les professionnels….excuses moi, vieux, donc si je t’ai choqué,  et à mon avis, ma liste n’est pas tout à fait la même que la tienne…

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