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24/05/2016

Quand on n'aura plus d'autres amis que des Peppers...

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Les élections en Autriche me rappellent d’autres élections en Europe : dans les villes, plutôt les grandes, on vote pour un homme modéré, qui n’est pas réfractaire à la mondialisation et à l’immigration, et en milieu rural, on dirait en Province chez nous, on vote populiste. Comme le dit avec humour un éditorialiste de Suisse Allemande (Tages-Anzeiger) : Les jeunes hommes sans éducation ont choisi Hofer (Ex Droite), les femmes instruites ont choisi Van der Bellen (Vert).

La fracture est générale. Trump aux USA, n’est-il pas l’expression de cette grande peur qui fait trembler les non diplômés, les précaires au chômage longue durée, et ces retraités désœuvrés qui ont du mal à boucler les fins de mois.

Et ce n’est pas Robin Hanson, un chercheur en économie, travaillant sur le futur de l’humanité, qui va rassurer nos petits rappeurs à casquette, les Indignés de Podemos comme les déçus de Syriza en passant par notre Vraie Gauche, prête à bloquer le pays.

Dans son dernier livre « The Age of Em », l’auteur américain explique : vous prenez les 200 êtres humains les plus brillants de la planète, vous numérisez leur cerveau et vous obtenez des robots qui à toutes fins utiles, deviendront esclaves des humains, effectuant les tâches un millier de fois plus vite et mieux.

Devenir inutile, voilà la vraie question qui menace en effet l’Humanité…Tout le monde à la retraite, dès le plus jeune âge. A chacune de ses conférences, rapporte le Guardian, la même question est posée à Robin : Vous allez nous tuer, nous allons finir par nous exterminer, seuls survivront les plus riches, qui pourront vivre 150 ou 200 ans. A chaque fois, Hanson répond : Au contraire, nous allons vivre avec davantage d’empathie et d’amour. Nous pourrons passer notre temps à faire des choses bien plus passionnantes qu’aujourd’hui, pendant que des robots géreront toutes nos tâches matérielles et veilleront sur notre santé. Ce n’est l’avis d’un autre chercheur en histoire, l’israélien Yuval Noah Harari, auteur d’un bestseller international « Sapiens », qui lui voit l’avenir de manière bien plus sombre, prédisant une montée inquiétante des classes « inutiles », qui n’auront plus rien d’autres à faire que d’ingurgiter des médicaments, de s’adonner à des pratiques sexuelles de plus en plus déviantes avec des machines de plus en plus perfectionnées,  ou de défouler leurs pulsions par des actions violentes.

Toutes les prédictions mènent au même endroit: l'obsolescence du travail humain. Et ceci, dans un horizon qui n’est pas si lointain, autour de 2040. Même si on imagine, un revenu de base universel, égal pour tous, d’autres recherches rapportées entre autres, par Jean Tirole, Prix Nobel, qui explique avec brillance dans son dernier ouvrage « Economie du Bien Commun », que l’économie est devenue pratiquement une branche des Sciences sociales, montrent que l’homme a besoin de sens,  d’objectifs et de compétition pour vivre en harmonie avec lui-même.

Reste un espoir : une autre étude américaine démontre que la course folle aux savoirs est un mythe et que l’économie de la connaissance est une idée stupide. Beaucoup de diplômés sont en effet au chômage ou occupent des jobs à basse qualification. Pour cette étude, les emplois de demain seront dans la proximité et du côté des emplois manuels : cultiver la terre, s’occuper de ses proches, préparer des mets de grande qualité ou construire des habitats très personnalisés. Reste à imaginer quand même si cela va suffire à nourrir une existence…

Au fond, le crâne rasé au fin fond du Tyrol ou à la frontière polonaise de l’Ukraine, il a peut être une intuition juste : nous courons à notre perte, c’est No Future…

Il faudrait stopper le progrès ? sauf que rien ne peut arrêter le cerveau humain de fonctionner et que nous avons besoin de repousser toujours plus loin les limites, au risque de nous perdre….Les victoires électorales populistes à répétition, ne seraient rien d’autres peut être, qu’un cri de douleur et de désespoir, avant de basculer dans le chaos fatal…

Image : le robot Pepper, présenté comme le compagnon idéal des personnes âgées

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